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Le coup de cœur de la semaine :

 

Un film collectif et féminin, qui explore de manière positive la force des liens sociaux sous toutes leurs formes.

Résumé : Jeanne travaille comme auxiliaire dans une maternité de Marseille. Nuit et jour, Jeanne et ses collègues se battent pour défendre les mères et leurs bébés face au manque d’effectif et à la pression permanente de leur direction. Jeanne vit avec Zoé, sa fille de 18 ans, qu’elle élève seule.

Voir le jour fait partie de ces nombreux films dont la sortie (initialement prévue le 22 avril) a été repoussée pour cause de crise sanitaire. Finalement, voilà qui lui permet de s’immiscer à point nommé dans l’actualité sociale, autour des défaillances de notre système de santé, et de prendre ainsi une réelle tonalité politique.

Le plan d’ouverture nous plonge d’emblée dans l’effervescence propre à n’importe quel service hospitalier public. Alors que Jeanne (Sandrine Bonnaire, actrice fétiche de la réalisatrice) tente de s’octroyer quelques instants de détente en allant fumer une cigarette devant l’hôpital, elle est interpellée par les nombreuses femmes qui s’angoissent, s’impatientent. Tandis qu’elle trouve les mots pour les rassurer, elle surveille du coup de l’œil un couple visiblement en conflit… Pourtant ici, point de misérabilisme. S’inspirant du livre Chambre 2 de Julie Bonnie, dont elle a pris soin de gommer la noirceur, Marion Laine, pour son troisième long métrage après Un cœur simple et A cœur ouvert, dépeint le quotidien d’une maternité, en faisant le pari de l’humanité plus que celui de la revendication. Si elle ne cache rien des innombrables difficultés (les sous-effectifs, le manque de matériel, le cynisme du médecin-chef, lui-même tiraillé entre les désirs légitimes de son personnel et la faiblesse des moyens qui lui sont alloués), elle s’attache avant tout à rendre hommage à toutes ces femmes qui, malgré les tensions et les incertitudes, sont animées d’une énergie et d’une foi incroyables. Un éclairage chaleureux, quelques gros plans sur les visages des bébés et des mamans véhiculent une sérénité inattendue : il n’est ici question que de promesses d’avenir et de naissances (bien que la mort ne soit pas absente) et même de renaissance, en ce qui concerne le personnage principal, Jeanne, qui a quitté sa vie de chanteuse version sexe drogue et rock’n’roll, pour se consacrer à la carrière plus concrète d’auxiliaire de puériculture.

A coups de flash-black, dont l’onirisme se heurte crûment au réalisme ambiant, le récit suit le parcours d’une femme qui, avec ténacité et courage, livre un autre combat, personnel, cette fois : celui de se reconstruire et de donner un sens à sa vie. Si Sandrine Bonnaire et son allure martiale font de ce petit soldat de la vie un personnage assurément attachant, ces parenthèses claires-obscures, nourries de scènes fantasmatiques (heureusement allégées par la spontanéité de Zoé, la jeune Lucie Fagedet, parfaite dans le rôle de la fille de Jeanne), créent une rupture brutale avec le sujet initial, en jetant quelque voile inutile sur la luminosité de cet hymne à la vie.

Mais à n’en pas douter c’est ce bel aréopage de femmes dont on pressent, entre solidarités et petites jalousies, les fêlures et les forces, qui constitue le cœur battant du film. De Francesca (Brigitte Rouan), sage-femme confirmée, qui lutte contre la robotisation d’un métier qu’elle avoue avoir embrassé par hasard, mais dont elle a pu mesurer, au fil du temps, les valeurs altruistes, à Jennifer (Kenza Fortas révélée par Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin), forte de son accent gouailleur et de sa naïveté rafraîchissante, en passant par la délurée et facétieuse Melissa (Sarah Stern), grande amatrice de variétés françaises en général et de Marc Lavoine en particulier, ou la très charismatique et très responsable Sylvie (Aure Atika), sans oublier Jeanne, à qui Sandrine Bonnaire apporte une sacrée belle authenticité, toutes, dotées d’un même enthousiasme, conjuguent au féminin pluriel les verbes transmettre, aider et partager.
Même si le casting est presque exclusivement composé de personnes du sexe dit faible, à l’exception de la présence furtive de l’énigmatique Alice Botté (guitariste de Charlélie Couture, Daniel Darc, Hubert-Félix Thiéfaine), Voir le jour n’a rien d’un film féministe. Malgré la gravité du sujet abordé, l’optimisme qui le traverse le rangerait plutôt du côté des leçons de vie vivifiantes.

 

Les bandes-annonces des films de la semaine :

La présentation du programme en cours :