Les sorties de la semaine :

Et toujours :

                      


Le coup de cœur de la semaine :

 

Un documentaire dense, politiquement très marqué, qui tente de rendre justice à une terre sacrifiée, la Palestine, sur l’autel des conflits géopolitiques et culturels, et de faire le procès à un sionisme aveugle. Intéressant, documenté et courageux, au regard des risques de clivage inhérents à un tel sujet.

 

 

Résumé : L’histoire de la Palestine, de son origine à aujourd’hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens… Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !

La question des territoires occupés est et demeurera longtemps au cœur des préoccupations juives et palestiniennes. C’est à peu près la conclusion générale de ce documentaire Le char et l’olivier- Une autre histoire de la Palestine, qui montre que la construction d’un État juif s’est élaborée dans un contexte de colonisation très particulier et surtout de fabrication du concept politique de sionisme, par quelques riches Européens. Le cinéaste invite à un regard très documenté sur ce que l’on pressent pour lui comme une injustice, à savoir l’appropriation de terres par un peuple religieux contre un autre. Même la rédaction d’un article sur un film qui traite du sujet expose à la controverse et à la critique. En effet, les questionnements, les interviews, la sélection des événements politiques sont éminemment sensibles. Il apparaît entre autres que la construction de l’État juif n’est paradoxalement pas exempt d’un antisémitisme rampant et terrifiant, et surtout d’une manipulation puissante des deux principaux états colonisateurs : la France et le Royaume-Uni.

Maintenant, que penser de tout cela ? On ne peut pas reprocher à Roland Nurier de ne pas avoir recouru à de très grands spécialistes pour construire sa démonstration. Juristes, historiens, philosophes, sociologues prennent la parole et tentent de montrer que le conflit palestinien n’est pas tant lié à la cohabitation de deux peuples religieux sur un même territoire, que des choix politiques des États français, anglais ou américains, sur fond de culpabilité vis-à-vis de l’immense massacre d’humains : la Shoah. L’entreprise de Roland Nurier est courageuse et risquée. Même s’il assortit son propos de témoignages, tous aussi sérieux les uns que les autres, la tentation de la polémique ou de la contestation est permanente.

En tout cas, la blessure infligée aux Palestiniens, qui ont été expulsés de leur terre, semble incurable. Le cinéaste raconte la fondation de l’État juif comme une guerre interminable. Il démonte des croyances, des propagandes, allant jusqu’à défendre l’hypothèse d’une forme de crime contre l’humanité commandité par Israël et implicitement nié par l’ONU. Surtout, il fait la démonstration d’une fracture qui a été causée de façon irrévocable au sein des populations du Moyen-Orient, dont on ne cesse aujourd’hui de payer les conséquences. Il dresse le récit d’un mensonge politique et médiatique, qui trouve ses racines dans des enjeux géopolitiques et émotionnels issus de l’après-guerre. En réalité, le documentaire est un essai de lutte, en faveur d’un rétablissement de la vérité. Il se destine prioritairement aux crédules qui ont oublié leurs cours d’Histoire, ou aux adolescents dans les écoles, que l’on sait si poreux à la manipulation historique. Mais ce film saura t-il rétablir la justice, sans pour autant renforcer les clivages ? Il n’est pas possible de faire le procès à Roland Nurier d’une manipulation de ses sources ou des faits historiques. Néanmoins, il ne faudrait pas que le constat objectivé de l’histoire de la Palestine attise encore plus les haines et les rivalités.

Toutefois, la grande leçon de ce film qu’il faut retenir, demeure le fait que la colonisation de la Palestine par l’État d’Israël n’est pas une question religieuse. Autrement dit, le documentaire défend une idée fondamentale : oser critiquer la politique d’Israël n’a rien à voir avec un quelconque antisémitisme. C’est au contraire réaffirmer le droit à un peuple de vivre en paix sur sa terre, indépendamment de toute appartenance religieuse.