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Le coup de cœur de la semaine :

Kore-eda Hirokazu, présent en compétition à Cannes depuis 2001, fut enfin « empalmé » avec « Une affaire de famille » en mai dernier. Il avait fait l’événement en 2004 avec « Nobody Knows » qui était reparti bredouille. Avec ce film, le réalisateur japonais révélait son grand sujet : la cellule familiale dans la société japonaise. Son nouvel opus y revient, en faisant le plein d’émotions. Grand film.

Cette famille nippone au cœur des films de Kore-eda Hirokazu revient après « Nobody Knows », « Still Walking », « Tel père, tel fils », « Notre petite sœur », tous projetés en compétition sur la Croisette, ou encore « Après la tempête », sélectionné à Un certain regard. Le cinéaste était également au festival du film policier de Beaune en avril dernier avec l’excellent « The Third Murder ». Kore-eda Hirokazu se confirme, si nécessaire, comme un des cinéastes japonais contemporains majeurs.

Osamu et son épouse Nobuyo se sont inventé une famille en recueillant des enfants errants et en habitant chez une vieille dame qu’ils considèrent comme leur grand-mère. Généreux et aimants, ils sont parvenus à créer une cellule harmonieuse en vivant de petits boulots et de vols à l’étalage. Leur dernière recrue, Aki, une petite fille de 5 ans, n’est pas recherchée par ses parents, mais est considérée par la police comme enlevée. Quand Shota, leur « fils » d’une dizaine d’années, se fait volontairement prendre par la police, la famille explose…

Kore-eda Hirokazu renoue avec l’émotion de « Nobody Knows », où une jeune mère de famille abandonnait à eux-mêmes ses quatre enfants dans son appartement. « Une affaire de famille » n’en est pas très éloigné. Mais il ne s’agit plus d’une mère qui délaisse ses enfants, mais d’un couple qui recueille des enfants abandonnés. Ce qui émerveille chez le réalisateur nippon, c’est cette extrême sensibilité et générosité envers ses personnages, sans une once de pathos et une direction d’acteurs des plus justes. L’appartement exigu, son encombrement, les repas – véritables rites de la vie familiale (on mange beaucoup dans le film), la promiscuité, créés une chaleur humaine renforcée par la personnalité de ce couple stérile atypique, qui s’invente une famille.

La dernière partie du film donne lieu à un coup de théâtre, avec l’intervention policière et juridique qui se confronte et s’insurge contre une organisation familiale qu’elle ne comprend pas. Kore-eda emmène sa drôle de famille jusqu’à un épilogue d’une belle maîtrise, qui donne tout son sens au film. Le cinéaste, réalisateur et auteur du scénario, démontre une fois de plus son talent de conteur d’histoire et de créateur de personnages. Un film magnifique, plein d’espoir, pas au sens galvaudé de « feel good movie », mais bien plus sensible : solaire.