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Pour son deuxième film, Caru Alves de Souza signe une jolie réussite, portée par un casting inspiré et un ton singulier qui fait mouche.

Résumé : Bagdad, 17 ans, grandit à Sao Paulo avec sa mère et ses sœurs, dans une société qui goûte assez peu sa singularité. En effet, la jeune fille ne s’habille pas comme dans les magazines qui lui imposent leurs codes, et fait du skate au milieu d’un groupe de garçon. Elle est originale pour une fille qui n’est pas véritablement considérée comme telle. Elle va toutefois faire la rencontre de skateuses qui pourraient bien changer sa propre histoire.

Aucun doute, Je m’appelle Bagdad est un film assez lumineux, abordable et agréable, car porté par une indéniable énergie qui rappelle à son spectateur le goût de la liberté. Joliment coloré et mis en lumière, le long métrage aborde pertinemment un large éventail de sujets, dont aucun n’est laissé sans développement, tout en étant pétillant et assez jovial.

C’est principalement la construction de cette jeune femme, au sein d’une société oppressante et virile, qui occupe Caru Alves de Souza. Cette communauté se rassure quand elle peut mettre les gens dans des cases. L’illustration en est faite lors d’un contrôle de police assez brutal et abusif, durant lequel un policier, satisfait de son pouvoir, ne laisse que deux possibilités de réponse à Bagdad : « Fille ou garçon ? ». Bagdad, les cheveux courts et un skate à la main, déroute. Elle effraie, hors de contrôle.

La réalisation prend une autre dimension et s’élève lorsqu’elle prend le temps de saisir la passion pure, de longues minutes, rivée sur les protagonistes qui s’exercent sur le bitume, leur skate comme instrument d’expression. Ces moments de grâce, égayés par des choix musicaux tout à fait convaincants, sont parfois couplés à des scènes de danse assez baroques, qui confèrent ce ton singulier à un film attachant. Le naturel désarmant de ses actrices est également un bel atout, avec à l’honneur Grace Orsato, dans le rôle-titre, aussi bien actrice que skateuse, qui débute ici devant la caméra.

Toutefois, le film semble un peu tourner en rond jusqu’à sa moitié, jusqu’à l’élément perturbateur (dans ce cas, libérateur), autrement dit la rencontre avec les autres skateuses. En outre, il pêche parfois par un propos trop appuyé, manque alors un peu de subtilité. Par exemple, certains dialogues semblent redondants, notamment autour de l’acceptation de soi et de son corps. De même, la critique frontale des magazines féminins aurait pu gagner en délicatesse, et le récit n’échappe pas au motif vu et revu du personnage principal caméra à la main, qui filme son monde, avec une mise en abyme des plus classiques. En clair, les passages obligés n’ont pas été évités. Au contraire, ils sont trop soulignés.

Mais on ressort tout de même le sourire aux lèvres, après cette incursion dans la vie de Bagdad, qui nourrit notre imaginaire et notre désir d’échapper aux assignations, sans avoir peur.

Les bandes-annonces des films de la semaine :