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Le coup de coeur de la semaine :
Cotton Queen
Synopsis :
Dans un village cotonier du Soudan, l’adolescente Nafisa est élevée au milieu des récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère, la matriarche du village, Al-Sit. Mais lorsqu’un jeune homme d’affaires arrive de l’étranger avec un nouveau plan de développement et du coton génétiquement modifié, Nafisa se retrouve au centre d’un jeu de pouvoir qui déterminera l’avenir du village. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.
Critique :
Un face-à-face entre une jeunesse qui veut s’émanciper et une ancienne génération qui tient debout en s’appuyant sur des mythes auxquels ils croient sans relâche. Nafisa finit par se sentir manipulée au milieu d’une famille qui semble décider pour elle. Connue comme la reine du coton, sa grand-mère est une figure d’autorité pour tout le village et elle, la première, se doit de suivre ses conseils. Quand elle lui donne un médicament sans lui donner la raison, elle s’exécute. Mais contrôler où va son cœur est la limite pour la jeune fille, qui tombe petit à petit amoureuse d’un des garçons du village.

Cotton Queen, à travers une adolescente en pleine construction, fait le témoignage des limites que les jeunes filles soudanaises n’ont pas le droit de franchir. Par exemple, aller se baigner à la rivière la rendrait impure. Le film questionne alors ce qu’il y a de bon et de mauvais dans un héritage culturel et familial en suivant la quête de Nafisa vers sa propre indépendance.
Une figure vengeresse
La famille de Nafisa est en réalité matriarcale. C’est Al-Sit qui, grâce à son histoire de reine du coton, s’impose et prend des décisions. Néanmoins, lorsqu’elle veut faciliter la vie de sa petite-fille en la rendant veuve le plus tôt possible, la mère de cette dernière rêve de la marier à l’homme d’affaires fraîchement arrivé au village. À tout juste 15 ans, son avenir fait débat et malgré les différentes options qu’on lui impose : elle doit se marier.
Subissant toute cette pression, elle finit par craquer et mettre le feu à la maison de l’homme d’affaires quand elle comprend qu’il menace leur production de coton. Face au danger, elle sauve son village et devient la véritable reine du coton qu’Al-Sit se disait être.

Devant la caméra de Suzannah Mirghani, une figure de révolte née. Par le feu, comme une sorcière, elle ne refuse pas seulement le pouvoir de l’homme d’affaires mais aussi celui qui l’empêche d’être libre : celui d’Al-Sit. Le parcours de la jeune fille devient alors une ode à l’émancipation féminine, qui ne pourra qu’émouvoir le public.
