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Le coup de coeur de la semaine :
Un monde fragile et merveilleux
Synopsis :
Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth, et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. 20 ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?
Critique :
Une comédie dramatique sincère et vibrante, grâce à deux interprètes flamboyants.

Il fallait sans doute beaucoup de cran pour réaliser une comédie romantique sur fond de dégradation d’un pays, le Liban, sans tomber dans le désespoir gagnant une partie de la population. Pourtant c’est bien cette opposition entre ceux qui envisagent de partir (et revenir éventuellement quand la situation sera meilleure) et ceux qui comptent rester et vivre malgré tout, entre celle qui ne veut pas mettre un enfant au monde dans ce monde-là, et celui qui voit toujours un avenir heureux possible, qui traverse ce film de part en part. Présentant rapidement le contexte qui existait déjà à la naissance des deux personnages (des bombardements, une dernière voie ferrée qui disparaît… comme une voie sans issue), Cyril Aris nous projette des années plus tard, remettant en contact ses deux personnages au travers d’un dîner lors duquel le cuistot intransigeant du restaurant de Nino ne va pas arranger les choses entre les victimes et lui.
Au lieu d’arrangements pécuniaires, celui-ci trouvera ici prétexte à courtiser celle dont il était déjà le petit ami étant petit. Usant de petits flash-back venant éclairer leur enfance, le metteur en scène met rapidement en opposition les attitudes des deux protagonistes, aux regards emplis de tendresse et de complicité. Et rapidement le charme opère, en terme de comédie romantique, alliant plaisirs de ce monde (la cuisine, la danse…), romantisme presque adolescent et perspectives d’une liaison qui se referment. Hasan Akil excelle dans le rôle de l’amoureux transi, jouisseur au regard de caliméro. Mounia Akl incarne quant à elle avec fougue, la sauvage des deux, indépendante et fuyante à la fois. Sans mal, Cyril Aris donne chair à cette irrésistible attraction entre les deux, avant de se lancer dans une dernière partie plus sombre, portée par quelques symboliques (le train, l’île…), mais questionnant avec intelligence la capacité à mettre au monde dans un contexte oscillant entre conflits et crises. Véritable déclaration d’amour à Beyrouth et au Liban, dénonciation des incapacités politiques, « A Sad and Beautiful World » séduit par son ton rassurant et le charme fou de son duo d’interprètes.
Ecrit par Olivier Bachelard pour Abus de ciné
