Les nouveautés :

Et toujours :

Information :

Animations:

Le coup de coeur de la semaine :

L'InvitationSham

Synopsis :

Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.

Critique :

« L’Invitation » : un quatuor d’acteurs en parfaite alchimie dans un huis clos délicieux sur le couple signé Olivia Wilde

Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice joue aussi, aux côtés de Penélope Cruz, Seth Rogen et Edward Norton.

Les voisins viennent dîner, et l’on ne voudrait pas être de la partie. Dans un appartement cossu, Angela (Olivia Wilde) et son mari Joe (Seth Rogen) accueillent leurs voisins du dessus, les éminemment cool et chic Piña (Penelope Cruz) et Hawk (Edward Norton). Bienvenue dans le malaise savamment orchestré de L’Invitation, en salle le 16 septembre, troisième film d’Olivia Wilde. En salle, le 16 septembre.

Il s’agit donc du retour attendu, derrière, mais aussi devant la caméra, de l’actrice devenue également réalisatrice. C’était Booksmart en 2020, une attachante et très drôle comédie adolescente, une expérience renouvelée en 2022 avec le plus sulfureux Don’t Worry Darling, à l’accueil critique très mitigé.

L’Invitation est le remake américain de Sentimental (2021), comédie espagnole de Cesc Gay elle-même adaptée de sa pièce Los Vecinos de Arriba (2016) – un matériau plus qu’éprouvé donc, puisqu’il en existe quatre autres films dans le monde, parmi lesquels Et plus si affinité en France, en 2024.

À San Francisco, Joe est un professeur de musique dépressif, autrefois cool lorsqu’il jouait dans un groupe de rock. Il vit aujourd’hui avec sa femme Angela et leur fille adolescente dans l’appartement légué par ses parents. Leur mariage est au bord de l’implosion.

Un soir, Angela invite, au grand désarroi de Joe, leurs voisins Piña et Hawk à dîner, afin de s’excuser du bruit occasionné lors de la rénovation de leur appartement. Offusqué, Joe, lui, pense que c’est le bon moment de parler de leurs nuisances sonores à eux : il entend chaque soir leurs ébats sexuels, et ne le supporte plus. Une dispute éclate, mais trop tard, les voisins sonnent à la porte.

Un huis clos millimétré

Olivia Wilde prend visiblement beaucoup de plaisir à cette mise en scène vive et parfaitement rythmée. Elle joue avec les symétries, les contre-plans et la composition des quatre corps dans cet appartement dont on ne sort – pratiquement – jamais, mais qui, règle élémentaire d’un huis clos réussi, est solidement exploité jusqu’à son dernier recoin. Elle est épaulée par deux scénaristes et dialoguistes qui savent tirer le meilleur du registre comico-dramatique de leurs quatre acteurs.

Seth Rogen est la pierre angulaire du quatuor : son Joe, systématiquement à côté de la plaque ou maladroit, enclenche le malaise et l’entérine à chaque fois qu’il tente de se rattraper. À ses côtés, Olivia Wilde compose une Angela débordant de manque de confiance en elle et d’une volonté de plaire à tout prix. Elle gaffe, trébuche, se confond en excuses ; il raye, soupire. Aucun des deux ne parvient à bien faire, comme s’ils passaient la soirée à rattraper un objet qui leur échapperait sans cesse des mains.

En face : sobres, élégants et éminemment cool, Penélope Cruz en Piña, thérapeute espagnole, et Edward Norton en Hawk, ancien pompier. Le contraste est net. Calmes et mesurés, ils s’avèrent pourtant, par intermittence, extrêmement sulfureux et sensuels. Entre les deux couples, l’énergie bascule de l’admiration à la compétition, jusqu’à une tension palpable qui ne retombe jamais tout à fait.

Que reste-t-il de l’amour ?

L’Invitation ne cherche pas à révolutionner la comédie de couple. Le film se désaxe volontairement du sujet du sexe, prétexte pour parler avant tout de confiance, de fantasmes et de relations humaines. Ce n’est pas franchement rafraîchissant sur le fond, mais le film est terriblement bien exécuté : efficace, drôle, sans jamais chercher à en faire des tonnes.

C’est un pamphlet léger sur le couple, l’intimité, le temps qui passe et l’amour qui s’efface. Rien de plus, mais suffisamment bien mené pour qu’on ne lui en demande pas davantage, jusqu’à devenir sincèrement touchant de par son excellente direction d’acteur. Olivia Wilde revient avec ce qui est sans doute son film le plus abouti à ce jour.

Les bandes-annonces des films de la semaine :