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« Adieu les cons », de Albert Dupontel : con se le dise

Entre burlesque et tragédie, le septième long-métrage d’Albert Dupontel est l’un de ses meilleurs, et frappe juste : en plein cœur

Depuis Neuf mois ferme, sorti en 2013, on se languissait de l’écriture d’Albert Dupontel. Si son adaptation du roman de Pierre Lemaître, Au Revoir Là-Haut, était réussie, où bien que réalisateur, il n’en était que le co-scénariste. Ainsi, on attendait beaucoup d’Adieu les cons, au titre déjà formidable, qui, mieux encore de remplir les promesses du public, les anticipe.

En l’espace d’une heure trente (clin d’œil aux cinéastes pénibles qui se croient légitimes seulement les 120 minutes passées), il nous fait passer des larmes au rire, du rire aux larmes, nous fait tomber amoureux de ses personnages grâce à une épopée narrative menée tambour (et cœur)battant

Lors d’une magistrale scène d’ouverture, Suze Trappet (Virginie Efira) apprend que ses poumons ne survivront pas à la dose massive de sprays utilisés dans son salon de coiffure. Pendant ce temps-là, J.B Kurtzman (Dupontel) apprend que le poste qu’on lui fait miroiter sera destiné à un plus jeune que lui, qu’il devra néanmoins former s’il veut rester employé de la société à laquelle il a tout donné. Suite à un suicide manqué, ces deux-là font connaissance et c’est le début d’une quête, celle du bébé qu’a du abandonner Suze quand elle avait 15 ans, sous la contrainte de ses parents, dans laquelle ils embarqueront Serge Blin (Nicolas Marié), un archiviste aveugle traumatisé par la police, et qui ne voit bien qu’avec le cœur.

Les couleurs, les lumières (et les ombres!) sont bien celles que l’on connaît de Dupontel, qui, ici, réussit le tour de force à aborder des sujets cruciaux, d’autant plus à l’aube de cette période pandémique qui révèle les failles absurdes de notre société toxique. On reçoit parfaitement le message sur le système kafkaïen de l’administration, la maladie d’Alzheimer, l’accouchement sous X, le sexisme ordinaire, les bâtiments de bureau qui remplace les troquets du coin, l’anonymat des grandes villes, l’addiction aux écrans… Aucune morale cependant, juste une empathie profonde pour l’être humain en général et ceux que Dupontel  a créé de toutes pièces.

Dans le rôle de Suze, la solaire Virginie Efira témoigne de ses impressionnantes capacités d’actrice, détourne le cynisme par l’ironie, la tragédie par l’absurde. Face à elle, Dupontel pèse chaque mot de chaque réplique, dans la peau d’un dépressif introverti qui est passé à côté de sa vie, mais pas des alarmes incendies. Enfin, Nicolas Marié, grand habitué des films de Dupontel, apporte une autre énergie, nourrie de burlesque et de sentiments assumés. Tous servent un scénario taillé à la serpe, d’une efficacité échevelée, où l’émotion gagne plus en plus le terrain d’une action qui n’en finit pas de se renouveler.

Si Terry Gilliam fait une rapide apparition (en tant que vendeur d’armes!), le film fait d’évidentes références à Brazil, et pas seulement par le nom de certains personnages (Kurtzman, Lint, Turtle)… Adieu les cons est d’ailleurs dédié à Terry Jones, qui, on peut en être certain, l’aurait adoré. Au moins autant que nous.

Les bandes-annonces des films de la semaine :

La présentation du programme en cours :