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Le coup de coeur de la semaine :
Sham
Synopsis :
Dans une école primaire, Seiichi Yabushita, professeur respecté et passionné par son métier, voit sa vie basculer lorsqu’il est accusé par une mère d’avoir harcelé et infligé des châtiments corporels à son fils. Lorsque l’affaire devient médiatique, la descente aux enfers commence, les versions se confrontent et la vérité devient une affaire de survie, mais à quel prix ?
Critique :

C’est bien de cela dont il s’agit lorsque l’on plonge avec effroi dans l’affaire du professeur Yabushita, une mauvaise rencontre avec des parents et particulièrement une mère, prête à tout pour son fils. Inspiré du livre DETCHIAGE: Fukuoka ‘Satsujin-Kyoshi’ Jiken no Shinso, de Masumi Fukuda, documentant un fait divers réellement arrivé au Japon, le film de Takashi Miike cherche à creuser, sans sensationnalisme ou voyeurisme, la notion de vérité et les lignes grises qui entourent parfois cette notion pourtant si chère à notre époque. Mélange d’un film de procès et d’un thriller horrifique à l’équilibre parfait, tout se joue dans « Sham » dans les versions que les différents personnages racontent à la barre, brillamment reconstitués sous nos yeux avec une mise en scène millimétrée.
Takashi Miike n’épargne pas grand monde dans son film : ni les médias à sensation qui ont pouvoir de vie ou de mort sur la réputation de leurs sujets, ni les superviseurs et directeurs lâches qui abandonnent le professeur à son sort, ni les parents qui projettent tellement d’eux sur leurs enfants qu’ils en oublient qu’ils sont des individus à part entière. C’est presque au Japon tout entier et à sa culture du respect parfois à outrance que le film semble s’adresser par moment, juste pour pointer du doigt les limites et les dangers pour les individus qui ne veulent pas faire de vague. Côté casting on retrouve 2 stars avec Kô Shibasaki (« Battle Royal« , vous vous souvenez ?) en mère inquiétante et Gô Ayano en professeur dépassé. Leurs performances se complètent et font passer les 2h09 du film à une vitesse folle. Takashi Miike continue donc d’explorer la violence de ce monde, et nous rappelle qu’elle peut-être partout et surtout là où l’on s’y attend le moins.
